... et j'ai envie de lire ça :
ennemis_pulics

Coup éditorial de maître qui m'agace autant qu'il suscite ma curiosité. Je déteste l'un et m'irrite du second même si son livre sur baudelaire m'avait séduit jeune fille. Et pourtant voilà, ils réussissent à titiller mes envies de lecture. Suis-je plus énervée de moi-même tombant dans le panneau ou de leur vénal sens du misérabilisme qui les amène à rédiger leurs maux dans un échange épistolaire tiré  à 100 000 exemplaires ?

Les clowns ont encore de beaux jours devant eux...  : pitreries pathétiques d'un octave nihiliste et désoeuvré d'un côté... mines apitoyées aux émotions dégoulinantes de bons sentiments d'un triste sire en blanc de l'autre... qui tirera son épingle du jeu médiatique ? Il parait que leurs échanges ne manquent ni d'émotion, ni de sincérité... il paraît... et voilà bien ce qui me pose question. Jusqu'où va leur sincérité ? Jusqu'où va leur émotion ?  Ecrire, dès lors que l'on souhaite être lu, nécessite une maîtrise, un maintien, une réflexion qui emprisonnent, ne serait-ce qu'un tout petit peu de peu, émotion et sincérité. On ne donne à lire qu'une vitrine. Quelle sera la leur ? Celle de cyniques arroseurs arrosés ? Ou celle que l'on attend d'eux... et qui, cyniquement aussi, suscite autant de verbiage.... comme ici ? Je n'échappe pas au plan marketing, pauvre nouille de moi !

clowns

Bruxelles, le 26 janvier 2008

"Cher Bernard-Henri Lévy,
Tout, comme on dit, nous sépare - à l'exception d'un point, fondamental: nous sommes l'un comme l'autre des individus assez méprisables. Spécialiste des coups foireux et des pantalonnades médiatiques, vous déshonorez jusqu'aux chemises blanches que vous portez. Intime des puissants, baignant depuis l'enfance dans une richesse obscène, vous êtes emblématique de ce que certains magazines un peu bas de gamme comme «Marianne» continuent d'appeler la «gauche-caviar», et que les périodistes allemands nomment plus finement la «Toskana-Fraktion». Philosophe sans pensée, mais non sans relations, vous êtes en outre l'auteur du film le plus ridicule de l'histoire du cinéma. "

Paris, le 27 janvier 2008

Le débat ? Trois pistes possibles, cher Michel Houellebecq,
Piste numéro un. Bravo. Tout est là. Votre médiocrité. Ma nullité. Tout est là. Votre médiocrité. Ma nullité. Ce néant sonore qui nous tient lieu de pensée. Ce goût que nous avons de la comédie, quand ce n'est pas de l'imposture. Trente ans que je me demande comment un type comme moi a pu, et peut, faire illusion. Trente ans que, fatigué d'attendre le bon lecteur qui saura me démasquer, je multiplie les autocritiques foireuses, sans talent, inoffensives. Eh bien nous y sommes. Grâce à vous, avec votre aide, je vais peut-être y arriver. Votre vanité et la mienne. Mon immoralité et la vôtre. Comme dirait un autre méprisable, mais de haute volée celui-là, vous abattez votre jeu, j'abats le mien - quel soulagement! "
                                                                                         ennemis publics . Flammarion