Parfois, on ne sait pas s’il faut rire ou pleurer… espérer encore ou se résigner… dire ou ne pas dire…laisser exprimer sa colère ou donner libre cours à sa tristesse ? Avoir peur ou oser ? Décider ou céder ? Résister ou abdiquer ? Je suis souvent dans cet « entre deux » ; c’est comme une seconde nature… je pèse le « pour », le « contre » … puis encore le « pour » ; et à nouveau le « contre ». Parfois, ça n’en finit pas jusqu’à la limite du temps imparti, jusqu’à l’urgence d’un choix à prendre. Et comme choisir, c’est renoncer…. c’est encore plus compliqué ! Il y a ce souci de rester intègre, de ne pas aller à l’encontre de ses convictions tout en restant « diplomate ». Ne pas céder à la fausseté, à la lâcheté toujours plus simple que l’affrontement. Il a aussi ces moments où il est préférable de se taire, parce que le silence en dit plus long… que l’absence de réaction devient éloquente. C’est le difficile exercice dans mon métier  mais c’est aussi des situations que je retrouve dans ma vie de mère et d’épouse : débattre avec l’homme, confronter ses points de vue, ses opinions, dire quand on n’est vraiment pas d’accord, transiger…
Et  avec les enfants : il faut éduquer et c’est aussi imposer… ouvrir des portes, en fermer d’autres… interdire, autoriser, négocier… poser les limites, cadrer, protéger, expliquer, répéter, taire des craintes, ouvrir son coeur, prévenir, guérir, laisser faire… leur demander d’obéir (mais au fond à qui, à quoi, est-ce toujours juste ?) tout en espérant qu’ils sauront désobéir le jour où …

Et puis il y a ces scènes de la vie quotidienne : les joies, les peines, les disputes, les câlins, les envies, les pas envie… les flemmes, les coups de fatigues, les coups de gueule, les bouderies, les ras le bol… tout ce qu’on absorbe comme tranches de vie sans y penser vraiment, sans le « goûter » totalement…. Il y a aussi  les mini événements ou non événements… que sur le moment on ne sait pas vivre tout à fait… dont on n’ignore encore la portée… qui nous permettront peut être de rebondir ou d’évoluer. Des directions à prendre, des renoncements voire des sacrifices… et des grains de sable qui viennent troubler la direction prise. Comment savoir ? Faut-il attendre ? Faut-il changer ? Tendre la main ? Continuer d’ignorer ? Prendre le temps ? Eviter le sujet ? Que c’est dur finalement de profiter de l’instant présent !

Et si le retour en arrière était possible ? Et si l’on avait une autre vie ? Ou une seconde chance ? Et si demain n’existait pas ? Et si c’était juste bien comme ça ?

Un petit test de quelques minutes hier soir et de grandes questions aujourd’hui… il n’y avait pas à se réjouir ou à s’affoler… mais dans ma nuit d’avant le sommeil, celle qui résume mon jour passé, je ne savais pas, comme souvent, s’il fallait rire ou pleurer…  déçue ou soulagée ? Je ne sais toujours pas… alors je me répète que oui, c’est juste bien comme ça… et j’attends la prochaine eau, la prochaine vague… pour avoir une réponse… ou une nouvelle question…

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La vague - Camille CLAUDEL