« Quand j’écris mes doigts rêvent ». Cette petite phrase retrouvée dans l’un  de mes nombreux cahiers a plus de 15 ans.

Je ne sais plus si c’est moi qui l’aie écrite mais elle me paraît tellement vraie, encore aujourd’hui.

Mes doigts rêvent, traduisant à la vitesse de l’éclair et dans une écriture souvent épouvantable, à peine lisible, tout ce qui bRouillonne dans ma tête.

Phrases sans queue ni tête ; absence de ponctuation, de verbe ou de sujet. Nano-idées-secondes… les mots sont mes notes de musiques et libres à moi d’en faire une chanson.

Ecrire c’est une seconde respiration. Un souffle d’air pur. Une évasion salutaire. Une aventure solitaire aussi. Je n’écris plus aux autres (mal m’en a pris trop souvent !) mais pour moi avant tout. Un moment rien qu’à moi au plus profond de moi. Que je livre parfois ensuite. Pudique et impudique je suis.

Ca me renvoie à ce que fredonne La Grande Sophie dans sa dernière ritournelle : on voudrait tous être quelqu’un d’autre juste une fois dans sa vie. Moi, quand je prends mon crayon, je suis (enfin !) une autre. Une image d’Epinal. De nouille je deviens farfalle ! Un idéal de moi-même en quelque sorte.

Encore un truc bien narcissique me direz-vous et vous penserez vrai. Mais c’est aussi ma seule façon de songer à moi de manière spontanée. Suis plutôt du genre à « m’oublier » dans le quotidien… à me mettre en dernier sur la liste. Mère Nouille Térésa sur l’autel du sacrifice. Genre. Vous savez celle qui réfléchit pas à se protéger avant de vouloir sauver  le monde (j’ai pourtant suivi les cours de la Croix Rouge j’vous promets !).

A force de ne pas faire attention à moi, je suis devenue UNE qui ne se reconnaît pas. UNE qui ne me convient plus. Qui cherche dans le regard d’autrui l’impression d’exister. Je me l’étais prédit en crayonnant cette petite phrase il y a plus de 15 ans. En 93 je crois… j’avais raison, c’est en train d’arriver.

Je me suis toujours promis d’en faire une histoire. Le moment est arrivé je crois. A ma plume donc… il est temps… mais je vous raconterai. Peut être… un jour d’impudeur…

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