... en faire le tour et redécouvrir les passages secrets de ses premières années...
La clinique de sa naissance sans religieuses à cornettes désormais, le Parc des Promenades juste à côté et sa Roseraie bien moins chaleureux aujourd'hui (où sont les oiseaux, les paons, les nombreuses biquettes, le p'tit cheval et la cabane où l'on pouvait se bécoter ?), découvrir la Halle au Blé illuminée, se demander combien de temps encore le Château sera centre de détention, se souvenir de la place au 14 juillet, longer le Théâtre Scène Nationale et sourire de nostalgie, passer devant l'école Robert Desnos et dire au moins " 6 fois maman !" à ses enfants que c'était son école de quand elle était petite... elle était belle cette école et la mosaïque existe toujours... et le toit pointu de sa cantine aussi... juste devant :  la patinoire où c'était chouette d'aller apprendre le "patin en arrière"... et derrière l'école: l'ancien appartement rue d'Estienne d'Orve... d'intenses moments d'enfance où il faisait bon, entre copains, de promener les chiens et courir dans les champs de blé (disparus aujourd'hui)... pas très loin le Parc Elan et les souvenirs des Foires "Orne Expo" avec un papa raccompagnant des "stars" de l'époque (oui, j'ai eu des autographes de Karen Sheryl (orth ?) et d'Hugues Auffray.... oui, Dany Saval me bisouillait et son mari de Michel Drucker a emporté de quelques uns de mes dessins et dansé la danse des canards avec moi ! ) et puis les Jumping... concours CSO et de puissance...  suivre avec assiduité les grands champions de l'époque et les débuts d'Alexandra Ledermann... en catimini apervoir Julien Clerc (très bon  cavalier) qui accompagnait sa dame... juste à côté du Parc Elan : La Luciole (tiens... en travaux !), salle de concert de référence où ... super souvenir de "Daran et les chaises"... passer aussi devant ses anciens lycées : l'élitisme du Lycée Alain et le joyeux foutoir de "Margot" (M. de Navarre)... penser à la naissance de "la vie est une dure lutte" un soir de bar avec un patron qui commande un spectacle et puis se mettre à écrire très vite... puis débarquer avec "sa" troupe quelques mois plus tard... faire une mini tournée pleine de rires et de solidarité familiale et rester fière de son succès... constater que La Renaissance n'est plus un bistrot fréquenté mais que Le théâtre oui (en journée), les endroits "vivants" sont ailleurs paraît-il... Le Piano Mécanique a disparu aussi... déguster les bonnes viennoiseries de chez Papillon, avoir envie de revoir la somptueuses bibliothèque devenue médiathèque depuis... se dire qu'un jour on visitera le Musée de la Dentelle avec ses enfants et penser à mémé Marie qui brodait... en parlant d'elle passer devant son ancienne maison et se revoir dedans... dans la maison qui avait une odeur si particulière, de jolies vitres sur sa porte de salle à manger... des arums dans son jardin et un lavabo (lavoir ?) extérieur en pierre... puis faire un détour exprès pour regarder l'ex maison de ses grands parents et se dire que quand même elle avait de l'allure... avec ses caillous trésors... son jardin cimetierre des animaux (au fond... tout au fond...)... son arbre immense... son parquet qui craque... la remise où l'on cachait les clés... sa terrasse en dur... la pièce dite "le Musée" et les patins qui allaient avec... tant qu'à faire aller jusqu'à la ville d'à côté où l'on a vécu aussi... une maison qui ne ressemblait à rien et qui ne ressemble toujours à rien... mais que Petit Prince trouve jolie avec sa barrière toute bleue (!)... l'église à 3 m n'a pas bougé (lol)...  aller au Cinéma le Normandy avec Monzhom qui se marre du Dolby Stereo dans la grande petite salle (enfin j'ai vu "les ch'tis" !) et se souvenir de sa toute première sortie sans môman... en 5e avec des copines pour P.R.O.F.S (Patriiiiiick !) et puis plus tard pour Les enfants du silence et le Grand Bleu en duo amoureux... se remémorer  son stage pour le Festival du Film pour Enfants et la rencontre avec Paul Grimaud (quel homme !) et d'autres noms célèbres oubliés... pas très loin penser à sa période "modèle" pour des débutantes en coiffure chez Dessange (aïe, aïe, aïe)... revivre cette chouette soirée à La Grange où tout est à vendre dans ce bon resto (vaisselle dépareillée, mobilier...) avec le Viking et Petit Prince tout petit petit... circuler dans la Rue de l'Ecusson si pleine de souvenirs enfouis... chercher la piscine et les sauts du plongeoirs (divine peur de la chute) sur le gazon qu'elle est devenue... rire devant le "passage de la levrette"... penser à l'odeur des poires chaudes à 1h du mat au Carnet de Route... puis se diriger vers le centre ville où peu de boutiques changent finalement... ou pas tant que ça... ne pas prendre la peine de circuler dans les petites rues piétonnes par peur de croiser du monde de connaissance mais perdu de vue...avec des tas de fantômes pour une Coquillette qui a tendance à vouloir raser les murs de sa ville d'enfance quand elle s'y trouve... de peur d'avoir à se monter telle qu'elle est aujourd'hui... bien moins "bien" qu'hier... foutue peur de décevoir... imbécile trouille de déplaire... navrante sensiblité au regard de l'autre...

On a passé là 18 ans de sa vie ici et puis on s'est envolée... on y revient de loin en loin... mais toujours en pensant que c'est une jolie petite ville bourgeoise et tranquille, culturellement engagée... c'est bien...  surtout quand elle rebascule à gauche...

Alençon... 4 jours d'arrêt... un soupçon de nostalgie... sans les regrets...

Notre_Dame_Alencon